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LE DOYEN DEBBASCH
S’EXPRIME SUR LE SCANDALE VASARELY
Le
12 juin 2008 le tribunal de grande instance d’Aix a renvoyé au début septembre l’audience sur
le procès conduit par l’administrateur judiciaire de la Fondation Vasarely
contre les héritiers qui grâce à un arbitrage frauduleux ont détourné des
milliers de tableaux de la Fondation.
Les
avocats du Doyen Debbasch,- depuis 15 ans à tort mis en cause par les héritiers
Vasarely-, Maîtres Sophie Bottai et Silvio Rossi Arnaud du barreau de Marseille
et Pierre Haîk du barreau de Paris, se sont joints à cette procédure et vont
aussi plaider pour voir reconnaître la nullité de l’arbitrage frauduleux.
- Question : Etes vous toujours en
fuite au Togo ?
Je n’ai jamais été en fuite au Togo. Le Togo est lié à
la France par une convention d’entraide judiciaire qu’il respecte pour sa part
sans aucune restriction. J’ai été affecté au Togo par le Ministère de
l’éducation nationale dans le cadre de mes fonctions universitaires en 2003,
c’est à dire bien avant la condamnation qui me vise et j’occupe à l’heure
actuelle des fonctions au service de l’Etat togolais. Bien que je conteste
cette condamnation et le mandat d’arrêt qui l’accompagne, je suis un juriste
respectueux du droit - j’ai écrit plus de 50 ouvrages de droit traduits en une
dizaine de langues – je me suis donc rigoureusement soumis aux obligations
judiciaires afférentes à ma condamnation. Je me suis en effet présenté devant
un magistrat du parquet de Paris qui m’a notifié une convocation devant
le juge d’application des peines en avril 2006. Mais, pour tenter de peser sur
la politique de l’Etat togolais, le mandat d’arrêt, régulièrement levé par le
Parquet de Paris, a été réactivé sur un ordre illégal donné directement de
l’Elysée par Michel de Bonnecorse. Cet attentat à liberté individuelle est à
l’heure actuelle attaqué par mes avocats devant la juridiction pénale.
- Question : En quoi l’annulation
de l’arbitrage frauduleux vous concerne-t-elle ?
Etant
partie civile dans une information judiciaire en cours d’instruction à Nanterre
qui vise des faits d’escroquerie au jugement commis par les consorts Vasarely,
il est dans mon intérêt de voir annulé cet arbitrage frauduleux. De plus, dès
1993 j’ai soutenu que les plaintes des Vasarely contre moi n’avaient pour but
que de détourner l’attention de la justice et de dissimuler par un rideau de
fumé leurs agissements pour capter le patrimoine de la Fondation.
Je
remarquerai que l’argumentation de l’administrateur judiciaire reprend parfois
au mot près les arguments qui étaient les miens devant la juridiction pénale, à
savoir que c’est par un concert de mesures frauduleuses que les Vasarely ont
expulsé l’Université d’Aix Marseille III de la gestion de la Fondation pour
s’en approprier le patrimoine.
- Question : Quelle appréciation
portez-vous sur l’action de la justice dans cette affaire ?
Il
est tout de même étonnant qu’informés depuis 1993 par moi-même et mes avocats
d’un hold-up gigantesque portant sur plusieurs millions d’euros les pouvoirs
publics aient fait preuve d’une aussi grande passivité alors que l’intention
clairement affirmée de Vasarely lorsqu’il était encore lucide, était de
garantir l’intégrité de son œuvre au sein de la Fondation Vasarely, reconnue
d’utilité publique.
- Question : L’action actuelle
peut-elle aboutir à remettre en cause votre condamnation ?
A
l’évidence oui. Deux instances judiciaires sont en cours, une pénale devant le
tribunal de Nanterre pour faire reconnaître l’escroquerie judiciaire commise
par les consorts Vasarely, et une civile en reconnaissance de la responsabilité
pour faute lourde de la justice.
- Question : Faute lourde ?
En
effet comment expliquer que j’aie été condamné alors que le procureur de la
république d’Aix en Provence concluait le 4 mai 1993 « Globalement,
il ressort de ces diverses auditions, particulièrement détaillées, assorties de
la production de nombreuses pièces, qu’à la suite du décès de Mme Claire
VASARELY et après une période conflictuelle entre eux, les deux fils de
Monsieur Victor VASARELY et leurs épouses ont, de connivence, engagé une
entreprise de réduction de l’actif successoral orchestrée par Mme Michèle
VASARELY et caractérisée par des vols de tableaux ou d’œuvres artistiques ».
Comment expliquer que par une extraordinaire bévue la Cour d’appel d’Aix en
Provence ait reconnu la validité de la plainte de Victor Vasarely contre moi,
alors que celui-ci était incapable, au motif que sa femme – décédée depuis 2
ans – était capable de le guider pour rédiger sa plainte !
Comment
expliquer encore que la justice ait admis la validité de cette même plainte
censée être rédigée à Aix en Provence alors que Vasarely était hospitalisé à
Paris.
- Question : De nouveaux
développements sont-ils à attendre dans cette affaire ?
De
facteurs sont venus aggraver l’escroquerie judiciaire commise par les consorts
Vasarely.
Le
premier est le non dépaysement de l’affaire. Doyen et ancien président de
l’Université de droit d’Aix j’ai eu à faire passer des examens à de nombreux
actuels magistrats ou à leur enfants. De plus, nombres d’enseignements de
l’Université sont dispensés par ou avec le concours de magistrats aixois.
Etait-il normal dans ces conditions qu’une affaire de cette importance fut
jugée dans la ville où j’exerçais ?
Est-il
normal que le président de Chambre de la Cour d’appel ait été nommé procureur
pendant le cours du délibéré ce qui est une pression du pouvoir politique sur
la justice ? Est-il tolérable qu’avant même le délibéré, le conseiller
pour les affaires africaines de l’Elysée annonce ma condamnation comme si elle
avait été commanditée par le pouvoir politique ?
Par ailleurs , nous savons que pendant
tout le cours de l’instruction un magistrat s’est rendu au domicile du
journaliste qui a lancé cette affaire et qui se trouvait être le chargé de
communication de Michèle Vasarely. Jusqu’ici, la justice a refusé d’ouvrir une
information sur ce point. Mais nous allons indiquer à la chancellerie les dates
précises de ces visites que nous avons pu nous procurer pour qu’elle effectue
les vérifications indispensables.
Et
je terminerai par un proverbe africain : « la vérité est
lente, mais elle finit toujours par rattraper le mensonge ».
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